Parcs

Promenade Samuel-De Champlain

CCNQ, Jonathan Robert

Concept des trois stations de la promenade

Avant l’implantation de la promenade, les abords désolants de l’autoroute Champlain n’invitaient pas à la contemplation du Saint-Laurent. Le défi consistait à reconquérir la bordure du fleuve pour laisser place à un boulevard urbain serpentant au cœur d’un parc linéaire riverain. Le tracé sinueux et les stationnements en bordure devaient permettre d’inhiber le caractère routier du boulevard.

De part et d’autre de la route, jardins, œuvres d’art, terrains de sport et descentes à l’eau permettent aux visiteurs d’apprivoiser les lieux et d’y pratiquer des activités variées. D’un bout à l’autre de la promenade, des sentiers piétonniers et une piste cyclable donnent accès aux trois stations qui ont été conçues comme des entités ayant chacune une vocation et une matérialité propres. Toutes les interventions y sont dosées pour que l’usager se sente confortable dans ce vaste panorama.

Le concept d’aménagement de la promenade s’inspire à la fois de la morphologie du lieu, de son interaction avec le fleuve et de l’occupation de ce territoire au fil du temps. Force naturelle et intimidante, le fleuve Saint-Laurent est la référence pour ce projet. Pour plus d'information sur ce grand projet, son chantier et son concept entier, consultez la section Aménagement de la promenade Samuel-De Champlain.

LA STATION DES CAGEUX

Le terme « cageux » fait référence aux cages qui, au 19e siècle, servaient à acheminer le bois par flottaison depuis l’Ontario jusqu’ici. La station est nommée d’après le surnom donné aux conducteurs de cages. Malgré ses lignes contemporaines, le design des bâtiments s’inspire aussi des chantiers navals de l’époque. Le quai des Cageux, un ancien quai industriel, a été réhabilité. Directement lié à l’histoire du site, le bois en est le matériau privilégié. La tour d’observation du quai des Cageux se dresse à plus de 20 mètres. D’une blancheur et d’une luminescence visibles de loin, le sommet de la tour rappelle le signal rassurant d’un phare sur le Saint-Laurent. 

Un marais riverain de 280 mètres de longueur recrée les conditions d’un marais supérieur, un écosystème menacé des berges du Saint-Laurent. Le marais de la promenade illustre la transition naturelle typique entre l’eau et la berge. Il est ponctué par des repères visuels, tout en conservant un aspect sauvage. Les dimensions variées des végétaux, leur couleur et leur texture permettent d’apprécier cet aménagement en toute saison… même l’hiver.  

LA STATION DES SPORTS

Ce secteur est dévolu aux activités sportives. Deux terrains de soccer et une aire de jeux gazonnée polyvalente ont pris place au centre de la promenade. Un bâtiment de services de même facture que celui du quai des Cageux s’y trouve également.

LA STATION DES QUAIS

La station des Quais aligne quatre jardins thématiques aux aménagements contemporains inspirés des humeurs du fleuve. Perpendiculaires au fleuve, ces jardins rappellent la présence des anciens quais de l’âge d’or du bois et de la construction navale. L’axe de certains quais se prolonge au fleuve par les traces laissées par les quais du 19e siècle, visibles à marée basse. Des lignes d’arbres coupe-vent viennent accentuer l’effet de continuité de part et d’autre du boulevard.

La surface gazonnée du sol présente un relief rappelant les vagues. Cette modulation au rythme du fleuve marque le site jusqu’aux limites de ce que furent ses berges aux siècles derniers. La station des Quais s’incline légèrement vers le Saint-Laurent et invite à apprécier sa présence. Pour tous les jardins, une même lecture au sol : au nord, les matériaux et textures rappellent l’emprise de l’homme sur la rive, pour laisser place, en allant vers le fleuve, à des éléments plus naturels, tels les galets et le sable.

Entre ces quais-jardins, douze zones verdoyantes accueillent des sculptures contemporaines monumentales, dans le parc d’art contemporain.

LE QUAI-DES-BRUMES

Ce jardin évoque l’atmosphère intimiste du fleuve lorsqu’il se nimbe de brouillard. La diffusion ponctuelle de nappes de brume vient envelopper l’espace de mystère. Du sol couvert de galets de mer émergent de gros rochers, rappelant les blocs erratiques laissés en place par les glaciers.

LE QUAI-DES-FLOTS

Le Quai-des-Flots incarne la vitalité du fleuve en toutes saisons. Des fontaines y forment cinq murs d’eau surgissant successivement du sol. L’alternance des mouvements évoque le ressac du fleuve sur la berge. Rappelant la cassure des glaces à la dérive sur le fleuve, le Quai-des-Flots s’organise autour d’une large fracture de béton divisant le jardin en deux niveaux. Unique mobilier du quai, des radeaux de bois semblent flotter sur le granit mouillé.

LE QUAI-DES-HOMMES

Souvenir tangible de l’époque des chantiers maritimes de l’Anse-de-Sillery, le Quai-des-Hommes se déploie en un long trottoir de bois, dont l’extrémité redressée forme un repère dans ce vaste espace. Ce jardin rend hommage au travail de l’homme sur le littoral et souligne le lien profond entre le fleuve et celui-ci. Jeu d’ombre et de lumière, un mur photogravé révèle deux paysages du 19e siècle. Les tiges d’aluminium moulé rappellent les pêches à fascines tendues au fleuve pour capturer l’anguille.

LE QUAI-DES-VENTS

À l’est de la station, le Quai-des-Vents célèbre cet élément omniprésent aux abords du fleuve. Dans ce jardin, de nombreuses graminées ondulent sous la brise. Des lames de granit à la verticale s’inspirent des formations géologiques. De grandes structures rappellent l’envol des oies blanches en migration. Enfin, une texture de sable nous ramène aux baignades estivales prisées jusque dans les années 1960.