Promenade Samuel-De Champlain
La promenade Samuel-De Champlain est un endroit à découvrir absolument dans la capitale pour admirer le fleuve, profiter d’un environnement verdoyant exceptionnel et pratiquer différents sports. Ce parc naturel aménagé le long du fleuve Saint-Laurent s’étend sur près de 6,8 km à partir des ponts jusque dans le secteur de la côte Gilmour.
Composée de six stations ayant chacune une identité propre, la promenade a été aménagée par la Commission de la capitale nationale du Québec afin de réhabiliter l’un des secteurs les plus dégradés des berges du fleuve. Elle a été réalisée en partenariat avec la Ville de Québec et le ministère des Transports. Le projet a obtenu de nombreux prix et mentions à l’échelle internationale pour la grande qualité de ses aménagements.
La promenade Samuel-De Champlain a été réalisée en trois phases distinctes débutant par l’aménagement d’un parc linéaire de 2,5 km long du littoral du Saint-Laurent, du quai des Cageux à la côte de Sillery. Une seconde étape des travaux a permis de relier le quai des Cageux au sentier des Grèves qui se rend jusqu’à la plage Jacques-Cartier. Et enfin, la dernière phase du réaménagement s’étend de la côte de Sillery à la côte Gilmour sur une distance de 2,5 km.
Son point culminant est certainement la station de la Plage qui offre une nouvelle expérience unique aux usagers en bordure du fleuve.
Informations pratiques
- Station des Cageux – 112 espaces
- Station de la Côte – 154 espaces
- Station de la Plage – 76 espaces
- Station de la Voile – 145 espaces
- Le long du boulevard Champlain
Le stationnement est interdit entre minuit et 6 h
Tour d’observation – Fermée
Bassin de baignade – Fermé
Miroir d’eau et jets d’eau – Fermés
Parcours 400. Du 17 mai au 21 septembre, le service est offert aux 30 minutes, entre 8 h et 20 h, les samedis, dimanches et jours fériés.
Le service Flexibus est maintenant disponible pour desservir le secteur Champlain. Il permet de se connecter au réseau de bus existant, et ce, au même prix qu’un trajet d’autobus.
Pour plus d’information, consultez le site Internet du Réseau de transport de la Capitale.
- Station des Cageux – 7 h à 21 h
- Station de la Côte – Fermées
- Station de la Plage – Fermées
- Station de la Voile – Fermées
Les chiens tenus en laisse sont les bienvenus à la promenade Samuel-De Champlain, mais seuls les animaux d’assistance sont autorisés à la station de la Plage
L’utilisation d’un BBQ au gaz et la consommation d’alcool, lorsqu’accompagnées d’un repas, sont permises sur la promenade Samuel-De Champlain (à l’exception de la station de la Plage) du 15 mai au 31 octobre.
- Lundi au vendredi, de 16 h à 20 h
- Samedi, dimanche et jours fériés, de 11 h à 20 h
Station de la Côte : accessible
Station de la Plage : partiellement accessible
Station de la Voile : accessible
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Adresse
1375, boulevard Champlain, Québec, QC
Installations
- Bassin de baignade
- Miroir d’eau et jets d’eau
- Plage publique
- Quai Saint-Michel
- Pavillon de services
- Cabines de plage pour se changer, aucun vestiaire sur place
- Toilettes publiques
- Service de restauration Fastoche! à la plage
- Salle multifonctionnelle pour location – 1er novembre au 30 avril
Adresse
Installations
- Pavillon de services
- Toilettes publiques
- Aire de pique-nique avec cinq BBQ au charbon de bois
- Œuvre d’art public
- Deux terrains de volleyball de plage et un terrain de pétanque
- Blocs de granit avec prises d’escalade pour enfants
- Accès à l’eau pour embarcations légères (canot, kayak) – navigation à vos risques et périls
Adresse
Installations
- Pavillon de services
- Toilettes publiques
- Parc de la Jetée
- Prairie maritime (aménagement de végétaux)
- Quai Frontenac
- Espace événementiel
Adresse
Installations
Adresse
- Quai-des-Brumes : 2343, chemin du Foulon, Québec
- Quai-des-Flots : 2341, chemin du Foulon, Québec
Installations
- Parc d’art contemporain
- Quai-des-Brumes
- Quai-des-Flots (jeux d’eau)
- Quai-des-Hommes
- Quai-des-Vents
Adresse
- 2349, chemin du Foulon, Québec
Installations
- Pavillon de services
- Stationnement limité
- Toilettes publiques
- Deux terrains de soccer
La station de la Voile
La station de la Plage
La station de la Côte
Concept des six stations
Avant l’implantation de la promenade, les abords désolants de l’autoroute Champlain n’invitaient pas à la contemplation du Saint-Laurent. Le défi d’aménagement consistait à reconquérir la bordure du fleuve pour laisser place à un boulevard urbain serpentant au cœur d’un parc linéaire riverain. Le tracé sinueux et les stationnements en bordure permettent ainsi de faire abstraction au caractère routier du boulevard.
De part et d’autre de la route, jardins, œuvres d’art, terrains de sport et des accès directs à l’eau permettent aux visiteurs d’apprivoiser les lieux et d’y pratiquer des activités variées. D’un bout à l’autre de la promenade, des sentiers piétonniers, des trottoirs et une piste cyclable donnent accès aux six stations qui ont été conçues comme des entités ayant chacune une vocation et une identité propres. Toutes les interventions d’aménagement ont été pensées afin que l’usager se sente confortable dans ce vaste panorama.
Le concept d’aménagement de la promenade Samuel-De Champlain s’inspire à la fois de la morphologie du lieu, de son interaction avec le fleuve et de l’occupation de ce territoire au fil du temps. Force naturelle et intimidante, le fleuve Saint-Laurent est la référence pour ce projet.
Voici une description des différentes stations en commençant par les trois nouvelles stations de la phase 3, qui s’étend de la côte de Sillery à la côte Gilmour.
La station de la Voile est un grand espace gazonné aménagé pour la pratique d’activités pour toute la famille (terrains de volley-ball, terrains de pétanque, modules d’escalade pour débutants, barbecues et aires à pique-nique avec mobilier urbain).
En plus d’un stationnement de 145 places, la station de la Voile accueille un bâtiment de service avec des toilettes et certaines commodités. Il est aussi possible de profiter d’une avancée vers le fleuve grâce à l’aménagement d’une jetée en bordure du Yacht-Club de Québec.
À marée basse, il est également possible d’accéder à une plage de sable naturelle. Cet accès au fleuve est facilité par des aménagements sur les berges, notamment pour la mise à l’eau de petites embarcations et la pratique d’activités nautiques.
C’est également dans ce secteur que l’œuvre d’art public sélectionnée pour la phase 3 de la promenade Samuel-De Champlain a été aménagée. Le cube en acier poli, incliné et légèrement incrusté dans le sol, a été créé par l’artiste d’origine autrichienne, Klaus Scherübel.
Enfin, en se dirigeant vers la station de la Plage à l’ouest, une série de trottoirs en bois traverse un environnement plus naturel mettant en valeur le marais de l’anse Saint-Michel. La végétalisation des berges dans ce secteur permet de préserver et de mettre en valeur cet écosystème fragile.
La station de la Plage est l’élément central de l’aménagement de la phase 3 de la promenade Samuel-De Champlain. Elle représente en quelque sorte la réappropriation du fleuve dans ce secteur autrefois prisé pour la baignade.
Le pôle balnéaire comprend une plage de sable artificiel, un bassin de baignade ainsi qu’un miroir d’eau. Le bassin de baignade propose une entrée à l’eau progressive, comparable à celle d’une plage naturelle, et jusqu’à une profondeur maximale de 1,2 m (4 pieds). Le miroir d’eau, pour sa part, offre une surface plane peu profonde recouverte d’un filet d’eau ainsi que des jets d’eau.
L’aire principale de services, le pavillon des Baigneurs, propose une offre de restauration, des toilettes, des cabines de plage avec douches ainsi qu’un stationnement d’appoint. Il comprend également une salle multifonctionnelle intérieure ainsi qu’une terrasse extérieure offrant une magnifique vue sur le fleuve.
Du mobilier permanent comme des chaises de plages et des parasols sont également disponibles afin de bonifier l’expérience des usagers.
Le concept de réappropriation du fleuve de cette station permet aux citoyens et aux touristes de vivre l’expérience plage et baignade en bordure du Saint-Laurent, dans un contexte sécuritaire et contrôlé.
Cette station de la phase 3 de la promenade Samuel-De Champlain est située au bas de la côte de Sillery. À cet endroit, le boulevard urbain et la piste cyclable ont été réaménagés afin de permettre une continuité avec l’ensemble des composantes de la première phase du projet. La voie ferrée a été déplacée plus au nord permettant d’éliminer cette importante barrière physique. Ce secteur offre ainsi une nouvelle perspective sur le fleuve avec un relief aplani à la suite du démantèlement du viaduc ferroviaire du Canadien National qui traversait auparavant le boulevard Champlain.
L’aménagement de la station de la Côte comprend un pavillon de services, une zone événementielle ainsi qu’un stationnement.
En cheminant vers le cœur du site, l’élimination du viaduc a notamment permis de redonner au quai Frontenac sa vocation de lieu de promenade. Il est dorénavant accessible de plain-pied en proposant une avancée sécuritaire sur le fleuve.
L’emplacement historique du quai a été redéfini avec une surface en bois. Le site comprend aussi une halte-abri en bois qui assure un contact plus direct avec le fleuve tout en offrant un point d’observation intéressant.
La station des Quais aligne quatre jardins thématiques aux aménagements contemporains inspirés des humeurs du fleuve. Perpendiculaires au fleuve, ces jardins rappellent la présence des anciens quais de l’âge d’or du bois et de la construction navale. L’axe de certains quais se prolonge au fleuve par les traces laissées par les quais du 19e siècle, visibles à marée basse. Des lignes d’arbres coupe-vent viennent accentuer l’effet de continuité de part et d’autre du boulevard.
La surface gazonnée du sol présente un relief rappelant les vagues. Cette modulation au rythme du fleuve marque le site jusqu’aux limites de ce que furent ses berges aux siècles derniers. La station des Quais s’incline légèrement vers le Saint-Laurent et invite à apprécier sa présence. Pour tous les jardins, une même lecture au sol : au nord, les matériaux et textures rappellent l’emprise de l’homme sur la rive, pour laisser place, en allant vers le fleuve, à des éléments plus naturels, tels les galets et le sable.
Entre ces quais-jardins, douze zones verdoyantes accueillent des sculptures contemporaines monumentales, dans le parc d’art contemporain.
Le Quai-des-Brumes
Ce jardin évoque l’atmosphère intimiste du fleuve lorsqu’il se nimbe de brouillard. La diffusion ponctuelle de nappes de brume vient envelopper l’espace de mystère. Du sol couvert de galets de mer émergent de gros rochers, rappelant les blocs erratiques laissés en place par les glaciers
Le Quai-des-Flots
Le Quai-des-Flots incarne la vitalité du fleuve en toutes saisons. Des fontaines y forment cinq murs d’eau surgissant successivement du sol. L’alternance des mouvements évoque le ressac du fleuve sur la berge. Rappelant la cassure des glaces à la dérive sur le fleuve, le Quai-des-Flots s’organise autour d’une large fracture de béton divisant le jardin en deux niveaux. Unique mobilier du quai, des radeaux de bois semblent flotter sur le granit mouillé.
Le Quai-des-Hommes
Souvenir tangible de l’époque des chantiers maritimes de l’Anse-de-Sillery, le Quai-des-Hommes se déploie en un long trottoir de bois, dont l’extrémité redressée forme un repère dans ce vaste espace. Ce jardin rend hommage au travail de l’homme sur le littoral et souligne le lien profond entre le fleuve et celui-ci. Jeu d’ombre et de lumière, un mur photogravé révèle deux paysages du 19e siècle. Les tiges d’aluminium moulé rappellent les pêches à fascines tendues au fleuve pour capturer l’anguille.
Le Quai-des-Vents
À l’est de la station, le Quai-des-Vents célèbre cet élément omniprésent aux abords du fleuve. Dans ce jardin, de nombreuses graminées ondulent sous la brise. Des lames de granit à la verticale s’inspirent des formations géologiques. De grandes structures rappellent l’envol des oies blanches en migration. Enfin, une texture de sable nous ramène aux baignades estivales prisées jusque dans les années 1960.
Ce secteur est dévolu aux activités sportives. Deux terrains de soccer et une aire de jeux gazonnée polyvalente ont pris place au centre de la promenade. Un bâtiment de services de même facture que celui du quai des Cageux s’y trouve également.
Le terme « cageux » fait référence aux cages qui, au 19e siècle, servaient à acheminer le bois par flottaison depuis l’Ontario jusqu’ici. La station est nommée d’après le surnom donné aux conducteurs de cages. Malgré ses lignes contemporaines, le design des bâtiments s’inspire aussi des chantiers navals de l’époque. Le quai des Cageux, un ancien quai industriel, a été réhabilité. Directement lié à l’histoire du site, le bois en est le matériau privilégié. La tour d’observation du quai des Cageux se dresse à plus de 20 mètres. D’une blancheur et d’une luminescence visibles de loin, le sommet de la tour rappelle le signal rassurant d’un phare sur le Saint-Laurent.
Un marais riverain de 280 mètres de longueur recrée les conditions d’un marais supérieur, un écosystème menacé des berges du Saint-Laurent. Le marais de la promenade illustre la transition naturelle typique entre l’eau et la berge. Il est ponctué par des repères visuels, tout en conservant un aspect sauvage. Les dimensions variées des végétaux, leur couleur et leur texture permettent d’apprécier cet aménagement en toute saison… même l’hiver.
Parc d’art contemporain
La promenade Samuel-De Champlain comprend un parc d’art contemporain, situé à la station des Quais, à son extrémité est. Douze zones verdoyantes dépouillées de tout aménagement superflu accueillent des sculptures contemporaines monumentales. La surface du sol présente un relief rappelant les vagues sur le fleuve et permettant au regard de se perdre aisément à l’horizon.
Le parc d’art contemporain de la promenade Samuel-De Champlain compte 9 sculptures monumentales, ce qui fait de ce site la plus forte concentration d’art contemporain au Québec. Une 10e œuvre d’art a été installée à la station des Cageux, tandis qu’une 11e se trouve à la station de la Voile.
Alas de México
Le projet est né d’une œuvre intitulée Las Alas de la Ciudad (les ailes de la ville), installée sur l’allée piétonne centrale du Paseo de la Reforma, l’une des avenues les plus importantes et symboliques du Mexique. L’impressionnante sculpture de bronze représentant les ailes d’un ange est devenue un symbole reconnu internationalement de la capitale mexicaine. Des répliques de cette oeuvre ont été offertes par la Ville de Mexico à plusieurs autres grandes villes du monde dont Québec, mais aussi Berlin, Tel-Aviv, Singapour et Los Angeles.
L’oeuvre a été conçue par l’artiste Jorge Marín, qui est l’un des plus importants exposants d’art contemporain figuratif du Mexique. La sculpture Las Alas de la Ciudad et ses reproductions exposées à travers le monde sont devenues une référence iconique de l’œuvre de Jorge Marín.
L’œuvre symbolise l’espérance et l’union, tant il est vrai que dans toutes les cultures les êtres ailés sont liés à l’illumination, à la connaissance et à la transcendance. Alas de México est une sculpture qui crée un point de rencontre. Elle entend susciter des moments mémorables et significatifs en permettant aux spectateurs de se l’approprier et d’actualiser tout son potentiel symbolique.
Convergence
Réalisé en 1997 par l’artiste Jean-Pierre Morin, ce polyèdre convexe irrégulier, mesurant 2,5 mètres et composé d’aluminium, offre une géométrie inspirante.
Exposée initialement aux abords du Palais des congrès de Québec, l’œuvre a trouvé un nouvel emplacement qui la met davantage en valeur. La configuration de la sculpture, avec son ingéniosité géométrique et ses multiples angles, exprime un esprit de dynamisme et de force. La coexistence de forces centrifuges et centripètes suggère l’idée de projection vers l’avenir tout en rassemblant le passé.
Plonger
Cette sculpture est une réalisation de la créatrice en arts visuels Hélène Rochette. L’œuvre monumentale mesure 7 mètres de long par 3 mètres de hauteur. Sa conception a nécessité 2 700 kilos d’aluminium. De forme stylisée évoquant des vagues, cette sculpture convie les passants à s’asseoir dans son antre afin d’observer le fleuve.
Latitude 51° 27′ 50 » – Longitude 57° 16′ 12 »
L’oeuvre est une réalisation de Pierre Bourgault. Évoquant la forme d’un bateau tronqué en deux parties, cette création se veut un clin d’œil à la vocation maritime de Québec. Le titre de l’œuvre indique la latitude et la longitude de Blanc-Sablon, entrée maritime du littoral laurentien en Basse-Côte-Nord.
Réalisée en 1995 et mesurant 12 mètres, cette sculpture en acier, en laiton et en bois était auparavant installée près du marché du Vieux-Port, dans le Vieux-Québec.
Là où la terre fait danser les mats
L’œuvre est une réalisation d’Yves Gendreau et comprend neuf tiges tricolores de plus de treize mètres de haut, dont le sommet rappelle un mât de bateau. Ornementée de girouettes, de réflecteurs de radars et d’anémomètres, l’installation évoque le rapport avec le fleuve. Là où la terre fait danser les mâts est un clin d’œil à la navigation et à son importance capitale pour la destinée de Québec.
Structures de vent
Cette sculpture a été réalisée en 2008 par le consortium Daoust Lestage, Williams Asselin Ackaoui, Option Aménagement, les créateurs de la promenade Samuel-De Champlain.
Elle s’intègre parfaitement au projet érigée au Quai-des-Vents. Don d’Alcoa dans le cadre du 400e anniversaire de Québec, la sculpture est composée de 41 structures de vent, de mâts et d’oiseaux en aluminium coulé, peints en blanc. Coulés individuellement en aluminium, dans des moules de sable, les oiseaux avec leurs formes courbes et dynamiques sont l’œuvre d’un artisan-fondeur. Chacun de ces oiseaux, monté sur un tube d’aluminium, est articulé et tourne avec le vent telle une girouette.
Prototype de «Éolienne V»
Cette œuvre d’art constitue le prototype de l’œuvre Éolienne V, réalisée en 1983 par Charles Daudelin, qui est installée au Palais des congrès de Montréal.
Cette œuvre faite d’acier, d’émail et de béton représente une flèche-girouette pivotante sur une base métallique. Elle est prêtée à la CCNQ par le Musée national des beaux-arts du Québec.
Nos regards se tournent vers la lumière
Pour souligner son 25e anniversaire, l’Ordre national du Québec a mandaté l’artiste sculpteur Roland Poulin pour produire cette magnifique œuvre sculpturale intitulée Nos regards se tournent vers la lumière.
Cette œuvre de mémoire collective est doublement chargée d’histoire. En plus des noms illustres qu’elle porte, elle prend place au cœur même de l’un des plus anciens quais de l’âge d’or du bois et de la construction navale.
Appalaches
L’œuvre de 13 mètres d’envergure évoque les montagnes du même nom. Cette sculpture monumentale d’aluminium a été réalisée en 1977 par l’artiste Lewis Pagé.
Le 3 juillet 1808 sur le Saint-Laurent
Cette oeuvre représente deux hommes courageux qui manœuvrent un quai de bois sur le fleuve Saint-Laurent. On observe aussi un voilier à trois mâts se dirigeant vers un quai de chargement de la ville de Québec.
Réseau METRO-Net, extension Québec
L’œuvre réalisée par l’artiste d’origine autrichienne, Klaus Scherübel, consiste en un cube en acier poli, incliné et légèrement incrusté dans le sol, comme s’il était tombé du ciel. En s’approchant de la sculpture, on découvre une porte ayant les apparences de l’entrée d’une station de métro, incluant un panneau signalétique portant l’inscription « Québec ». La structure reflète également les motifs du paysage avoisinant, à la manière d’un tableau impressionniste.
Conçue comme un prolongement du réseau Metro-Net de l’artiste allemand Martin Kippenberger, cette « nouvelle » station de métro vise à suggérer, symboliquement et humoristiquement, l’idée d’ouverture sur le monde et du rapprochement.
Le fleuve, un peu d’histoire
Pour comprendre l’histoire de l’occupation du lieu touché par la promenade Samuel-De Champlain, il faut fermer les yeux et se transporter dans le temps. Il y a 20 000 ans, tout l’espace est recouvert de glaciers. Lors de leur fonte, il y a près de 12 000 ans, les mers de Goldwait et de Champlain naissent. Ce phénomène laisse alors apparaître une île formée d’un promontoire qui s’étend de Québec à Cap-Rouge, puis le niveau baisse jusqu’au niveau actuel. Les terres ainsi libérées sont occupées par des chasseurs-cueilleurs autochtones. Plus récemment, il y a environ 6 000 ans, les eaux du Saint-Laurent remontent pour s’établir à l’altitude de l’actuel boisé de Tequenonday, dans sa portion supérieure.
Ces mers laissent des dépôts glaciaires, du gravier, du sable et de la boue marine qui façonnent le sous-sol de la région. Certains phénomènes géologiques sculptent le territoire « étagé » de Québec et créent ainsi le lit du fleuve Saint-Laurent. Le fleuve est alors un cours d’eau majestueux qui traverse un grand territoire donnant un accès facile aux deux rives et à leurs nombreuses anses – ici le fleuve est tellement étroit que les autochtones le nomment Québec. Ce nom est dérivé d’un mot algonquin (anichinabé) signifiant « rétrécissement ».
L’arrivée des Européens
Au XVIe siècle, des Européens accostent sur ces rives. Une première colonie française est fondée au cap Rouge par Jacques Cartier et Jean-François de La Rocque de Roberval en 1541. Elle dure deux ans. Le 3 juillet 1608, Samuel de Champlain fonde Québec. Ce n’est toutefois qu’en 1637 que débute l’occupation proprement dite de la rive du Saint-Laurent à la hauteur de ce qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de Sillery.
Les premiers établissements européens dans ce secteur sont réalisés par les jésuites, communauté religieuse venant de France et dont la mission principale est l’apostolat. C’est en 1637 que les jésuites établissent, selon un modèle utilisé au Paraguay, la mission Saint-Joseph dans le but d’évangéliser et de sédentariser les peuples autochtones. Les jésuites opèrent cette mission pendant plus d’un demi-siècle. À la fin de la décennie 1680, les Algonquins (Anichinabés), les Innus, les Hurons-Wendat (Wendat) et les Abénaquis (Abénakis) quittent définitivement Sillery en raison de l’épuisement des terres et de la rareté du bois de chauffage. Dans la seconde moitié du XXe siècle, plusieurs fouilles archéologiques ont permis de documenter l’histoire de cette mission, notamment celle de la maison des Jésuites.
Pour un temps, la Compagnie de Jésus (jésuites) ne sera pas le seul ordre religieux français à Sillery. En 1640, les augustines, sœurs hospitalières, font construire un hôpital un peu à l’ouest de la maison des Jésuites afin de prodiguer des soins aux populations autochtones. Toutefois, leur séjour à Sillery sera de courte durée puisqu’elles délaisseront le site de Sillery dès 1644 préférant s’installer dans la haute-ville de Québec, à l’abri des attaques iroquoises.
Les augustines, les Autochtones et les jésuites ayant tous quitté les lieux à la fin du XVIIe siècle; la nature reprend donc ses droits au bord du fleuve.
La Conquête britannique
La rive et ses nombreuses anses connurent des usages bien différents sous le Régime britannique (1763-1867). L’anse au Foulon, premier témoin du changement de régime, fut le lieu où la destinée des Français établis ici allait changer son cours.
C’est là, au matin du 13 septembre 1759, que débarquèrent le major-général anglais James Wolfe et ses troupes avant de se hisser sur les plaines d’Abraham et d’y défaire l’armée menée par le lieutenant-général français Louis-Joseph, marquis de Montcalm. Après cette défaite de l’armée française, Québec sera sous la gouverne britannique.
La grande époque du bois
Dès 1806, le blocus continental de Napoléon prive la Grande-Bretagne de son approvisionnement traditionnel en bois venant des pays scandinaves. Elle réquisitionne alors le bois produit dans ses colonies et le Québec de l’époque regorge de cette richesse. L’âge d’or économique des anses de Québec viendra donc par le bois et plus tard, par la construction navale.
En effet, la métropole s’est tournée vers la colonie bas-canadienne afin d’y puiser les ressources nécessaires au maintien de sa flotte de guerre. Une activité intense et effervescente s’y déroule. Ouvriers de toutes sortes y travaillent et y logent. Le bois, récolté notamment dans l’Outaouais, est acheminé par flottage en immenses « trains » sur les rivières, puis sur le fleuve jusqu’aux anses de Sillery. Le bois brut y est équarri et chargé sur des navires à destination de la Grande-Bretagne.
L’abondance du bois entraîne l’essor de la construction navale amenant même de grandes compagnies navales à s’installer à Québec. Pendant près d’un siècle donc, des milliers d’ouvriers, majoritairement canadiens-français et irlandais, œuvreront comme cageux, manœuvres, équarrisseurs, scieurs de long, calfats ou poseurs de bordé et s’établiront dans le secteur du cap Diamant.
Un secteur en mouvance
À Québec, l’utilisation du bateau comme moyen de transport a longtemps eu la préférence. Le fleuve, voie de communication par excellence durant plus de deux siècles, constitue cependant un obstacle de taille à l’ère du chemin de fer. On rêvera longtemps d’un pont qui permettrait au train d’enjamber le majestueux fleuve pour atteindre la capitale.
Dès le milieu du 19e siècle, des études furent réalisées dans le but d’évaluer la faisabilité de sa construction. Ce n’est finalement qu’en 1900 que les travaux débutèrent. L’édification du pont de Québec ayant été ponctuée de deux tragédies mortelles en 1907 et en 1916, le premier convoi n’y passera qu’en décembre 1917.
Parallèlement à la construction du pont, une voie ferrée est implantée en bordure du fleuve par la compagnie de chemin de fer National Transcontinental, aujourd’hui le Canadien National. Ces travaux eurent un impact majeur dans le paysage, créant une première barrière permanente au fleuve pour la population. La maison des Jésuites se trouva ainsi enclavée entre falaise et rails, alors qu’elle avait été précisément édifiée en bordure de la voie de communication fluviale près de trois siècles plus tôt. De plus, pour permettre le passage de la voie ferrée, on sacrifiera plusieurs mètres du promontoire de la pointe à Puiseaux.
Voitures et hydrocarbures : l’or noir
Le paysage des berges change radicalement lors de la grande dépression des années 1930. En effet, dans le but de remettre au travail les nombreux chômeurs victimes de la crise économique, les autorités permettent l’établissement d’installations pétrolières en bordure du fleuve. D’entrepôts de madriers à ciel ouvert qu’elles étaient, les anses de Sillery deviennent le lieu d’accueil de multiples réservoirs d’hydrocarbures. Durant un demi-siècle, ces cylindres géants ponctueront le cours du fleuve de l’anse au Foulon jusqu’au pont de Québec.
Malgré les entraves que forment la voie ferrée et les citernes de produits pétroliers, les habitants de la région visitent quand même en grand nombre les plages Saint-Michel et du Foulon.
Un fleuve asphalté
L’augmentation de la circulation automobile entre les deux rives du Saint-Laurent dans la période d’après-guerre amène les autorités à lancer la construction du boulevard Champlain dont les travaux s’étendront de 1960 à 1970. Ces derniers sonneront définitivement le glas de la villégiature en bordure du fleuve à Sillery, à l’exception des activités nautiques du Yacht Club de Québec.
Ce boulevard, dernière transformation majeure sur la berge du Saint-Laurent jusqu’à ce jour aura entraîné la disparition d’une grande partie du chemin du Foulon et le remblaiement d’une large bande du littoral, créant ainsi un rivage artificiel et inhospitalier coupant l’accès au fleuve à tous les résidents, à l’exception de quelques irréductibles pêcheurs qui encore aujourd’hui pratiquent le loisir de leurs ancêtres.
Redonner le fleuve aux Québécois
C’est l’objectif de redonner le fleuve et ses berges à la population qui incite la Commission de la capitale nationale du Québec et ses partenaires à requalifier un tronçon autoroutier du boulevard Champlain qui donnera naissance à la promenade Samuel-De Champlain pour les célébrations du 400e anniversaire de Québec.
Le littoral du Saint-Laurent constitue certainement le site le plus important et le plus emblématique de la capitale. À l’origine de la fondation de la ville, le rétrécissement du fleuve a permis l’établissement des fonctions politiques, religieuses, militaires, administratives, commerciales et industrielles dans la capitale.
Dès sa création, la Commission de la capitale nationale du Québec s’est donné comme mission principale de mettre en valeur le littoral du Saint-Laurent et d’améliorer la qualité visuelle des abords des grandes voies d’accès à la capitale.
Le projet de la promenade Samuel-De Champlain offrait ainsi une opportunité manifeste de restauration d’un espace ayant fait l’objet d’utilisations à caractère industriel au cours des derniers siècles : le flottage et le transport du bois, la construction navale, les opérations portuaires, les industries pétrolières, l’axe ferroviaire et le boulevard autoroutier. Ces activités ont conduit inéluctablement la ville et ses habitants à tourner le dos au Saint-Laurent au fil des époques.