En hommage aux Baillairgé - Un monument est installé devant le Morrin College


Québec, le 5 octobre 2004 - Le maire de Québec, M. Jean-Paul L'Allier, le président et directeur général de la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ), M. Pierre Boulanger, et le directeur général du Musée national des beaux-arts du Québec, M. John R. Porter, ont procédé aujourd'hui au dévoilement d'un monument qui rend hommage aux Baillairgé, de grands bâtisseurs qui ont contribué à façonner Québec pendant quatre générations. Ce monument est installé devant le Morrin College, qui abrita à l'origine la première prison de Québec construite de 1808 à 1814, selon les plans de François Baillairgé.

«La famille Baillairgé est sans aucun doute l'une des plus prolifiques dans l'histoire de l'architecture au Québec, a souligné M. L'Allier. Le visage de Québec portera toujours la marque de ces bâtisseurs, par leurs réalisations architecturales, leurs sculptures et leurs peintures. Je suis très heureux de rendre hommage à ces visionnaires qui ont su façonner Québec pendant plusieurs générations.»

Pour sa part, M. Boulanger s'est dit fort heureux de voir ce monument à la famille Baillairgé mettre en quelque sorte le point final au réaménagement de la chaussée des Écossais, un des plus jolis projets communs réalisés par la Ville et la Commission, dans le cœur historique de la capitale. «Ce qui était il y a quelques années encore un stationnement sans relief est devenu, par notre action conjuguée, un lieu de beauté dans Québec, largement fréquenté par les visiteurs. Ceci démontre une nouvelle fois que l'embellissement de la ville est rentable pour notre industrie touristique tout en étant source de fierté pour tous les Québécois », a-t-il ajouté.

«Le Musée national des beaux-arts du Québec est heureux de compter dans ses collections plusieurs œuvres essentielles associées au nom des Baillairgé, a rappelé M. Porter. Avec les Levasseur et les Hébert, les Baillairgé constituent sans contredit l'une des plus grandes familles d'artistes de notre histoire. Aux 18e et 19e siècles, ils auront semé sur leur route plusieurs témoignages de leur génie dont il y a lieu d'être fiers encore aujourd'hui. Le Musée est en outre responsable d'un patrimoine architectural exceptionnel, à savoir l'ancienne Prison de Québec -l'actuel Pavillon Charles-Baillairgé - qui a été classé monument historique en 1997. »

Quatre générations de bâtisseurs

Maître charpentier, sculpteur, menuisier et architecte, Jean Baillairgé (1726-1805), le fondateur, s'établit à Québec en 1741. Durant 60 ans, il exécute et conçoit les ouvrages de bois de plusieurs églises et résidences privées. Parmi ses réalisations, mentionnons la reconstruction de l'église de Notre-Dame-des-Victoires ainsi que le clocher et une partie du décor intérieur de la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec.

Fils de Jean, François Baillairgé (1759-1830) s'initie rapidement à la sculpture auprès de son père. Par la qualité de son travail, il se distingue de celui-ci surtout par ses sculptures ornementales. En plus de sa renommée comme artiste, il fait preuve d'une grande aptitude pour l'architecture. Au début du 19e siècle, il prépare notamment les plans de la première prison de Québec (Morrin College) et du premier palais de justice en plus de terminer le décor de la basilique-cathédrale, avec l'aide de son fils Thomas.

Thomas Baillairgé (1791-1859), fils de François, est un sculpteur habile, mais qui s'illustre principalement en architecture. Architecte officiel du diocèse de Québec, de 1820 à 1850, il devient par la suite le premier architecte du Bas-Canada. Parmi ses œuvres, on compte la façade de la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec. Il réalise également de nombreux projets publics d'architecture, en plus de contribuer à créer un style original qui s'exprime par les formes, les techniques et le choix des matériaux.

Neveu de Thomas, Charles Baillairgé (1826-1906) est architecte, ingénieur et arpenteur-géomètre. Il réalise la deuxième prison de Québec, aujourd'hui intégrée au Musée national des beaux-arts du Québec, avant d'être nommé ingénieur à la Ville de Québec. Pendant ses 30 ans de carrière comme fonctionnaire municipal, il dote Québec d'une partie du cachet qui la caractérise. Il dessine les plans de plusieurs édifices publics et privés, dont l'Université Laval, l'aqueduc de Québec, la terrasse Dufferin et l'Institut de musique de Québec.

Une œuvre familiale, un monument

Réalisée en 1991, la sculpture de bronze constituant une partie du monument, dévoilé aujourd'hui, est une œuvre de l'artiste Jean-Louis Baillairgé (1918-1998), représentant de la septième génération de cette illustre famille. Cette sculpture, rendant hommage à Charles Baillairgé, a été donnée par l'artiste au Musée national des beaux-arts du Québec, grâce à une contribution de la Ville de Québec. Son installation dans la chaussée des Écossais est rendue possible par le prêt de cette œuvre du Musée.

La sculpture a été déposée sur un socle qui présente, dans un effet miroir, des plaques de bronze sur lesquelles des textes ont été gravés, constituant ainsi un hommage aux trois autres membres de la famille, soit Jean, François et Thomas.

Le monument aux Baillairgé est une réalisation de la Ville de Québec et de la Commission de la capitale nationale du Québec, avec la précieuse collaboration du Musée national des beaux-arts du Québec. La Ville et la CCNQ ont investi 20 000 $ pour cette réalisation. L'installation de ce monument s'ajoute aux travaux d'aménagement de la chaussée des Écossais et de la place de l'Institut-Canadien, qui ont été achevés en novembre 2000, dans le cadre de l'Entente sur la mise en valeur de la capitale, intervenue entre la Ville et la CCNQ.

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Source : Marie-Christine Magnan
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