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Des vestiges sous la loupe des archéologues au chantier du parc du Cavalier-du-Moulin 

Même si les travaux de consolidation des murs de la fortification du parc du Cavalier-du-Moulin sont suspendus pour l’hiver, le travail des archéologues n’est pas terminé pour autant. Bien au contraire, la surveillance archéologique du chantier, amorcée cet automne par la Commission de la capitale nationale du Québec, a permis de révéler certains vestiges d’intérêt qui seront analysés et documentés pendant la saison morte. Le travail sur le terrain reprendra par la suite en avril au moment où la terre sera dégelée.

Le chantier du parc du Cavalier-du-Moulin 
Vue générale du chantier prise par l’ingénieur Daniel Brochu de Tetra Tech.

Situé tout au bout de la rue Mont-Carmel, dans le Vieux-Québec, le parc du Cavalier-du-Moulin témoigne de la fortification française érigée à la fin du 17e siècle. Son nom évoque deux réalités aujourd’hui disparues : celle du moulin à vent, construit autour de 1663 sous le gouvernement de la Nouvelle-France, puis celle du cavalier, un ouvrage militaire défensif prenant place tout en haut de la butte et qui offrait un point d’observation exceptionnel sur la ville. Le site a perdu sa vocation défensive à la fin du Régime français et a accueilli, au début du Régime britannique une maison, ses dépendances et des jardins. 

Un aperçu des vestiges de Mont Carmel House et du drain en pierre révélés lors de la surveillance archéologique du chantier. © CCNQ, Caroline Gaudreault

Les fondations de la maison Mont Carmel, habitée par le colonel Darling, ainsi qu’un mur de la maison des domestiques et un drain en pierre ont été mis au jour cet automne. La maison était située au cœur du parc actuel. Selon les plans anciens, le site abritait également une laiterie et une écurie. « Ce qu’on a trouvé lors des excavations le long du mur de soutènement, qui est à reconstruire, c’est son état d’origine plus en profondeur. Ce mur-là existait déjà pour séparer la partie haute et la partie basse du terrain. Probablement qu’il est contemporain de la maison et qu’il date des années 1770 », explique Martin Royer, archéologue historien qui coordonne les investigations archéologiques pour la firme Ethnoscop. La maison Mont Carmel a été incendiée en 1844 et il n’y aurait pas eu de reconstruction. 

Ce petit bâtiment dont la fonction n’est pas déterminée a été révélé lors des travaux d’excavation au parc du Cavalier-du-Moulin. © CCNQ, Carine Nadeau

Grâce à leurs recherches historiques, les archéologues ont une bonne idée de ce qui se cache sous le sol. Pourtant, les surprises sont chose courante. Au parc du Cavalier-du-Moulin, les vestiges d’une dépendance « mystérieuse » ont été révélés lors des travaux d’excavation. « On a trouvé une pièce ici dont on ne connaît pas la fonction et qui n’apparaît sur aucun plan. C’est peut-être une chambre froide (la laiterie?), avance Martin Royer. On ne le sait pas encore. » Des recherches et des analyses plus poussées permettront peut-être d’en apprendre davantage.  

L’archéologue Michel Huot et le coordonnateur d’Ethnoscop, Martin Royer, discutent avec la conseillère en architecture Carine Nadeau, de la Commission de la capitale nationale du Québec. © CCNQ, Caroline Gaudreault

Essentiellement, trois types de ressources archéologiques peuvent être découverts : des vestiges architecturaux (les restes de bâtiments), des dépôts stratigraphiques qui témoignent de la séquence d’occupation d’un lieu et les objets abandonnés ou perdus sur place : « On parle dans ce dernier cas d’artéfacts, qui sont des objets fabriqués par l’homme, et d’écofacts, c’est-à-dire des ossements, des coquilles de mollusques et ces choses-là. Ces objets sont souvent présents dans les fosses à déchets et les latrines », explique Martin Royer. Le chantier au parc du Cavalier-du-Moulin se limite actuellement à une surveillance archéologique exercée durant les travaux d’excavation. « Pour l’instant, c’est vraiment la maçonnerie qui est en cause. Le cadre archéologique a été adapté en fonction de la nature des travaux », précise l’archéologue Michel Huot responsable de la surveillance du chantier. 

Un plan ancien du site qui se retrouve dans l’étude de potentiel archéologique. © CCNQ, Caroline Gaudreault

Comme pour tous les chantiers qui se déroulent en plein cœur du quartier historique du Vieux-Québec, les travaux d’excavation réalisés au parc du Cavalier-du-Moulin ont été précédés par des rapports détaillés sur le potentiel archéologique du lieu. Ils sont préalablement autorisés par le ministère de la Culture et des Communications qui encadre toutes les étapes du projet. Lorsque les archéologues détectent des vestiges potentiellement intéressants, le chantier peut être arrêté ou la machinerie déplacée momentanément, le temps de procéder à des prélèvements ou de dégager des vestiges. « Lorsque l’on juge qu’il faut ralentir la cadence, l’entrepreneur est prévenu et il doit se plier de bonne grâce aux exigences », explique Michel Huot  

Le mont Carmel était considéré comme un point d’observation militaire stratégique. © CCNQ, Caroline Gaudreault

Les vestiges architecturaux découverts jusqu’à maintenant au parc du Cavalier-du-Moulin sont relativement bien conservés. L’intérêt archéologique du lieu réside en particulier dans la combinaison entre son passé militaire et domestique. « C’est principalement une vocation militaire, mais il n’y a pas eu de combats qui se sont déroulés sur les lieux mêmes outre le fait d’avoir possiblement été bombardés à distance. Pour l’instant, c’est vraiment l’occupation de la maison Mont Carmel sous le Régime anglais qui a laissé le plus de traces au point de vue archéologique », conclut Martin Royer. 

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