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Découverte archéologique majeure au parc du Cavalier-du-Moulin

Un imposant vestige de pierre, s’apparentant à une fortification ancienne, a été mis au jour sur le chantier du parc du Cavalier-du-Moulin, dans le Vieux-Québec. Cette importante découverte archéologique a été réalisée lors des travaux de restauration en cours dans ce parc appartenant à la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ). L’archéologue qui supervise le chantier estime que ce vestige d’environ six mètres de largeur pourrait permettre d’enrichir notre compréhension des fortifications historiques de Québec.

Selon Martin Royer, archéologue pour la firme Ethnoscop, cette découverte pourrait être associée à la deuxième fortification de Beaucours, datant du début du 18e siècle. « En 1693, Beaucours construit une ligne de fortification en bois et quelques années plus tard, au début des années 1710, cette fortification est refaite en maçonnerie dans certaines sections. On s’attendait à trouver éventuellement cette fortification sous la forme d’un mur d’une largeur d’environ deux mètres, mais jamais quelque chose qui atteint 6,30 mètres. En 35 ans de carrière, je n’ai jamais vu un vestige d’une telle ampleur », a-t-il confié.

Selon l’archéologue, la présence de schiste noir, un matériau utilisé de moins en moins au fur et à mesure qu’on avance dans le Régime français, laisse croire qu’il s’agit d’une fortification particulièrement ancienne. Avec sa taille imposante, son emplacement stratégique et ses caractéristiques architecturales distinctes, ce mur pourrait avoir joué un rôle central dans le réseau défensif de l’époque, possiblement en lien avec la deuxième fortification de Beaucours.

Cette hypothèse repose également sur des sources anciennes qui permettent de contextualiser le vestige, notamment des plans historiques, qui révèlent la présence d’une fortification appuyée contre le cavalier du moulin. Avec un peu de chance, de nouvelles découvertes dans le cadre de ce chantier majeur permettraient d’approfondir l’analyse de cet ouvrage.

Un site stratégique au cœur de l’histoire de Québec

Le parc du Cavalier-du-Moulin abrite les vestiges d’un ouvrage défensif, appelé « cavalier » qui prenait appui sur un monticule rocheux offrant une défense naturelle. Il représente l’un des rares témoins des premières fortifications françaises érigées au 17e siècle. Autrefois, un moulin à vent construit en 1663 occupait le site. Cependant, en 1690, lors du siège de Québec par Phips, le gouverneur Frontenac décide de fortifier le mont Carmel, l’un des points les plus hauts de la ville de Québec.

En 1693, cette première fortification de terre et de bois est renforcée par l’ajout d’une muraille de pierre autour du moulin, transformant le site en un élément clé du bastion Saint-Louis. Ce cavalier devient alors un pilier du système défensif de Québec grâce à sa capacité à accueillir de l’artillerie en hauteur. Deux ans plus tard, en 1695, le cavalier est agrandi vers le nord et son champ de tir est amélioré pour offrir aux artilleurs une position dominante sur les environs.

Au début du 18e siècle, l’ouvrage défensif est alors à son apogée. Sa position stratégique, au sommet de la ville, permet une vue imprenable sur 360 degrés, faisant de lui l’un des plus gros et des plus imposants ouvrages défensifs du Canada. Toutefois, au milieu du 18e siècle, le déplacement des fortifications vers l’ouest marque la fin de son importance stratégique.

Sous le Régime anglais, la vocation du site se transforme pour accueillir une résidence réservée aux officiers de l’armée britannique. Des bâtiments et un jardin d’inspiration victorienne y sont aménagés au 19e siècle confirmant que les usages de ce site stratégique ont grandement évolué au fil du temps.

Des travaux nécessaires pour préserver le patrimoine

Le parc du Cavalier-du-Moulin est géré par la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ). En 2021, des expertises réalisées sur la fortification du parc ont révélé une dégradation significative des murs de pierre, soulevant des inquiétudes quant à leur stabilité. Par mesure de sécurité, le parc a été fermé et, depuis 2023, la CCNQ a entrepris d’importants travaux de réfection des murs afin d’en assurer la conservation. C’est un projet qui s’étend sur plusieurs années, puisqu’il implique la restauration complète des ouvrages de fortification et le réaménagement du parc.