En 1849, aux abords de la vieille église de Saint-Joseph de Lauzon, qui constitue aujourd'hui l'un des joyaux patrimoniaux de Lévis, deux hommes, qui creusaient une fosse découvrirent, selon Louis Fréchette, une cage en fer et de forme humaine contenant quelques ossements. C'était tout ce qui restait de La Corriveau. À son sujet, des bruits terribles courraient. Des gens racontaient qu'elle avait tué jusqu'à six ou sept de ses maris, en leur administrant du vert de Paris ou en leur coulant du plomb dans les oreilles durant leur sommeil. Les légendes ont bien enseveli la vérité.
Marie-Josephte Corriveau est née dans une ferme de Saint-Vallier de Bellechasse le 14 mai 1733. En 1749, elle maria Charles Bouchard. Le couple eut trois enfants. Devenue veuve en 1760, elle épousa en 1761 Louis Dodier. Ce dernier mourut dans la nuit du 26 au 27 janvier 1763. Le 9 avril, à la fin d'un premier procès tenu au couvent des Ursulines à Québec, le tribunal militaire formé de 12 officiers anglais condamna à mort Joseph Corriveau, le père de la jeune veuve. Le condamné dénonça aussitôt sa fille. Le tribunal se réunit à nouveau le 15 avril et Marie-Josephte déclara avoir tué son mari de deux coups de hache à la tête. Quelques jours plus tard, probablement le 18 avril, elle fut pendue sur les Buttes-à-Nepveu, un peu à l'ouest de la porte Saint-Louis, et son cadavre, selon une vieille coutume britannique, fut inséré dans un carcan métallique et suspendu à une potence, à Lauzon, à la fourche de deux chemins passants - les actuelles rues Wolfe et Saint-Joseph - jusqu'à au moins la fin de mai. Il n'en fallait pas plus pour que les légendes, les romans et le théâtre s'emparent de La Corriveau.
La découverte à Londres, en 1947, des papiers des deux
procès ont permis de rétablir bien des faits au sujet de
Marie-Josephte Corriveau. Son destin, différent de celui de la
sorcière des légendes, n'en demeure pas moins tragique.
Jean-Marie Lebel
Question numéro 11 : Il est question de La Corriveau dans Les Anciens Canadiens. Qui est l'auteur de ce roman ?
Réponse de la capsule no 10 : François Bigot
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